Afrique: l’opportunité verte à ne pas rater

Le développement durable c’est la capacité de répondre à ses besoins sans compromettre les capacités des générations futures, c’est à dire sans épuiser les ressources ou handicaper la planète. « Durable » ici sous-entend « soutenable », et son opposé n’est pas « éphémère » mais insoutenable ou extractiviste. Les Etats-Unis, particulièrement sous les mandats de Donald Trump, ne font pas du développement durable une priorité. La reprise de la production du pétrole de schiste où la sortie du protocole de Paris en sont des illustrations frappantes. Ils ont tort, quand on sait que nous consommant 1,7 planète terre par an, on comprend que cela ne peut durer bien longtemps.

Maintenant que je viens d’hypothéquer toute chance d’avoir un visa américain, concentrons-nous sur les potentialités qu’offre le développement durable à l’Afrique, car, au-delà de cette méprise flagrante par le professeur Théophile Obenga que de nombreux africains vénèrent comme une des plus grandes lumières de notre temps, l’idée de fond qu’il diffuse et qui s’enracine en Afrique, c’est de prétendre que les discours sur la transition écologique sont une entourloupe occidentale pour empêcher le développement de ce continent. C’est exactement le contraire. Les études concordent entre la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, l’IRENA, Brookings ou le PNUD, où siègent pas mal de non occidentaux – car c’est là aussi un argument de défiance – pour dire qu’il s’agit d’une opportunité stratégique majeure et peut-être unique pour l’Afrique de faire des pas de géant.

Selon la Banque mondiale, les solutions renouvelables dans l’énergie (le solaire surtout, mais aussi l’éolien, la géothermie ou le petit hydraulique) peuvent permettre un déploiement rapide et décentralisé de l’électricité pour atteindre les 600 millions d’Africains qui n’en ont pas. Ceci grâce à des mini-réseaux et des systèmes hors-réseau pour un coût bien inférieur aux extensions de réseaux traditionnels ou au diesel. C’est la possibilité d’une électricité fiable qui peut faire travailler des dizaines de millions d’artisans, permettre à des écoliers de la campagne d’étudier la nuit après les cours, de conserver des vaccins, de conserver et de transformer des aliments ou encore de faciliter une irrigation productive. Tout cela à des échelles locales, avec une capacité énorme de création d’emploi dans la fabrication des panneaux solaires, des batteries ou des moulins à eau, l’installation, la maintenance, mais également la production de batterie et de moyens de transports utilisant des ressources critiques présentes sur le continent comme le lithium, le cobalt, le cuivre, le graphite, les terres rares. On ne passera pas à la transformation locale tant vantée sans débouchés et consommateurs locaux. Des modèles existent déjà, tels que la production d’hydrogène vert en Namibie et au Maroc, des batteries en Afrique du Sud, en RDC et en Zambie, ou encore les progrès de la mobilité électrique au Kenya et Rwanda.

La mauvaise résilience actuelle au climat coûte 5 à 15% de PIB africain chaque année selon le PNUD.  Les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur détruisent des récoltes, des infrastructures, des moyens de subsistance, des routes. Une économie verte renforcera la résilience grâce notamment à une agriculture régénérative, des systèmes d’alerte précoce, des infrastructures résistantes, une restauration des sols et des bassins versants. Une maitrise qui conduira à plus de stabilité macroéconomique et alimentaire. D’autant qu’une labélisation vert ou bio africaine utilisant le cliché de la faiblesse en industries polluantes sur continent à son avantage, permettra une compétitivité à toute épreuve à l’exportation des produits agroalimentaires comme technologiques : data center vert, acier vert, coton vert etc. L’économie verte a en outre l’avantage de créer des emplois locaux et moins concentrés dans les grandes villes que ceux de l’économie d’extraction classique, carbonée ou d’importation.

C’est certainement la voie la plus réaliste vers une croissance rapide et inclusive, pour une souveraineté énergétique et alimentaire, et qui permettra de prendre une position essentielle dans l’économie mondiale.

Pour trouver la sortie du Pr Obenga

https://www.facebook.com/share/v/1QRLiaRoMk

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